Changement de programme : Guillaume Plisson sera notre invité une autre fois, pour cause d’indisponibilité de sa part. Nous recevrons donc Jean Erick Pasquier, l’éclectique, selon la définition de Robert Doisneau. Jean-Erick entre à l’agence RAPHO à l’âge de 19 ans et parcourt le monde depuis 30 ans pour de nombreuses publications. Il entretient une collaboration régulière avec le magazine GEO depuis sa création.
Son choix de photographe dit « de magazine » l’a amené à être l’observateur patient du quotidien des autres, à rendre fort les moments banals de la vie en photographiant la scène comme les coulisses de chacun de ses sujets.
A l’inverse du photographe d’actualité, qui exprime les moments forts d’un événement, il est spécialiste des reportages au long court et leur consacre de 3 mois à 5 ans.
En somme, la photographie lui permet de vivre par procuration, et pour un temps, une succession de vies telles les histoires d’un film : capter en permanence l’intimité de l’autre et lui permettre d’exprimer son naturel quotidien.
De l’Alaska aux Coulisses de la Comédie Française, du Crazy Horse au Curé de Campagne, de Valparaiso aux Enfants myopathes, la démarche est délibérément toujours la même: regarder, découvrir, s’émouvoir et faire partager les instants positifs de chaque aventure photographique.

A COUNTRY PRIEST. Cette série a obtenu le premier prix au World Press Photo dans la categorie Daily Life. Sujet réalisé pour le magazine GEO
Il dit de lui :
A 13 ans je désirais déjà être photographe. C’était si évident qu’aucune autre carrière ne pouvait être envisagée. Après des études secondaires rapidement bâclées je me retrouvais en Grande-Bretagne. Je savais que la maîtrise de la langue anglaise serait déterminante dans mon futur. Je n’ai jamais regretté ce choix. A 19 ans, en 1970, je pars pour mon premier long voyage, 4 mois en Afrique du Sud. J’en ramène des centaines de photos, surtout d’une attaque de lionnes sur des kudus ( »koudous » grande antilope) autour d’un point d’eau, les éléphants surviennent et chassent les lions. Un « scoop »! Rentré à Paris, je présente le reportage à Stern et Paris-Match, qui achètent le sujet. Dans la foulée, et avec ces seules photos, je rejoints les rangs de l’Agence Rapho dont je fais toujours partie. Ensuite, 4 mois en hiver, seul et isolé, sur une petite île anglo-normande: Serk. Un mois à Paris pour recharger les batteries, puis 5 mois à New-York. La création de Géo en 1976, d’abord en Allemagne et ensuite en France, me donne enfin les moyens de faire de vrais longs périples. 1977, un an en Alaska. Une belle histoire sur des familles vivant dans le « bush » (la brousse de là-bas »). Pendant les dix ans qui suivent, au moins 5 années sont passées à parcourir la toundra de l’Alaska. Je peux ainsi vivre avec des bûcherons, des chercheurs d’or, des pécheurs de crabes de la mer de Béring, un trappeur vivant dans le plus complet isolement. En 1979, je photographie avec de grande difficulté la course de traîneaux à chiens « l’Iditarod » de Anchorage à Nome (1800 km-En Alaska)). Tous les moyens sont bons pour suivre les coureurs : le traîneau, bien sûr, mais aussi l’avion, le scooter des neiges et des fois même, la marche, tout cela par des températures avoisinants les -50°. Entre chaque grand voyage, je reviens en Europe pour pouvoir repartir en Italie, ma deuxième passion. Au fil des ans, j’ai appris que prendre son temps lors des reportages me permettait vraiment de vivre une aventure enrichissante. Il n’est point besoin d’aller bien loin. J’ai autant appris sur la nature des êtres humains en Normandie, en vivant six mois avec un prêtre, que dans les steppes glacées de l’Alaska ou la jungle de Tasmanie. Huit mois à la Comédie Française furent aussi exotiques que l’île Esquimaux de Little Diomède perdu au milieu de la mer de Béring. Ma quête du bonheur se réalise au travers de ces différentes vies et de la magie qui en résulte : être un autre personnage et avoir un autre regard. Je fais des photos car cela me permet de voyager. La photographie n’est pas pour moi une fin en soi , même si j’adore photographier les gens qui m’entoure lors de mes aventures. Le plus important est cependant de vivre intensément. Je gamberge sur un point du globe que j’aimerai découvrir, puis je m’efforce de trouver une histoire à vivre dans ce pays. Exemple : Il y a deux ans, j’ai eu envie de faire un grand voyage en bateau. Où aller? Pour y faire quoi La réponse ? Valparaiso au Chili. Il y avait une chanson dans ma tête depuis toujours. Une vieille chanson de cap-horniers « Nous irons à Valparaiso…!! » En fait, l’idée avait toujours été là, bien cachée en moi pendant toutes ces années, et un jour elle a ressurgit pour devenir une évidence. Résultat : 50 jours de voyage en mer sur un cargo polonais puis un mois à Valparaiso. Superbe voyage. Que restera t-il dans 20 ans de tout cela, principalement et surtout de merveilleux souvenirs dans ma mémoire. Je reviens de trois mois de voyage, au cours desquels j’ai parcouru 23.000 km sur les traces de Lewis et Clark aux Etats-Unis. Deux capitaines de l’armée américaine qui, de 1804 à 1806, ont découvert la route de l’Ouest . Ils sont des figures mythiques de l’épopée U.S. C’est à la suite de la lecture de leur journaux, écrits au cours de l’expédition, que l’idée de les suivre a émergée. Il ne reste rien de tangible de leur passage. Il fallait imaginer, plutôt que constater. Je pense les avoir « retrouvés ». Le voyageur solitaire est un grand égoïste, il veut d’abord être heureux. Mais ensuite, il faut financer la prochaine aventure pour pouvoir repartir. Malheureusement, aujourd’hui, c’ est une affaire de « gros sous ». Dans l’aventure, j’ai peur avant, après, mais jamais pendant. L’aventure pour moi, c’est avant tout de réaliser des rêves d’enfant. J’ai envie « d’être » un peu un « chercheur d’or » un peu « marin », un « acteur », un « prêtre » etc…. Une comédie à l’échelle de l’adulte. Malheureusement, ce n’est pas la vraie vie, et à chaque retour il faut se réadapter, réapprendre le quotidien en attendant le prochain « rôle ». La réadaptation à la vie de tous les jours est sans doute le plus dur des challenges de « l’aventurier », sa plus belle victoire !!
Karim Deddouh (Massilia Force) et sa copine Laetitia au centre social Baussenque
Il sera interviewé par Philippe Chaudré, responsable du Club Photoshop de Paris
Auparavant, nous aurons réalisé notre heure « Photoshop » avec Daniel Barrois autour de Photoshop et de la 3D :
« Puisqu’il existe un Photoshop extended qui rajoute un menu supplémentaire 3D, on pourrait imaginer que photoshop permet maintenant de traiter des modélisations issues de logiciels spécialisés. On a tous vu la démonstration d’un objet 3D (souvent une voiture) pivotant sur lui-même et étant peint en direct grâce aux pinceaux de Photoshop. Génial ! Mais le plus souvent impraticable.Dans la réalité, l’usage pratique se heurte à plusieurs problèmes comme la rapidité d’exécution, la complexité maximale du modèle que photoshop peut traiter et l’ergonomie des outils proposés.
Doit-on en déduire que la fonction 3D n’est pas utilisable en production ? Oui et non. La pratique est toujours plus complexe que la théorie.
On verra que Photoshop, dans certaines conditions, peut être utile pour modifier une texture plaquée sur un objet 3D. Et que ces fonctions 3D peuvent s’avérer utiles dans le domaine du graphisme ou de l’animation. »
Et en début de réunion, Vincent Bézard nous fera de nouveau partager sa passion pour le Web et ses communautés, en passant par une sélection de sites de photographes connus outre-Manche et en Europe, les 20 ans de Photoshop et autres infos insolites.

Photoshop for 20 years !





